Découvrir une passion dévorante à un âge où d’autres pensent à lever le pied ? C’est le défi qu’a relevé l’un des piliers du karting en Aquitaine. Des premiers virages à Biganos jusqu’aux responsabilités régionales, retour sur un parcours hors norme, mené à 100 à l’heure.
Le virus de la piste : un coup de foudre à 52 ans !
Tout a commencé par un simple après-midi entre amis. À 52 ans, l’envie de tester la location sur le circuit de Biganos scelle le début d’une aventure de plusieurs décennies. Quelques sessions intenses plus tard, le verdict tombe : c’est l’emballage total.
Sous les conseils avisés du gérant du circuit et des membres du club, l’achat de karts (Tonykart nationale 100) devient une évidence pour aller « se tirer la bourre » entre copains. La première licence entraînement est signée en 1991 (n°56070). L’engrenage est lancé, et il va s’avérer irrésistible.

L’ascension au sein de l’ASK Boïenne
Dès 1992, lors du renouvellement des membres du bureau de l’ASK Boïenne, les événements s’accélèrent :
• Élection au poste de Vice-Président.
• Accession immédiate à la Présidence suite à la démission du titulaire.
Pendant 8 années intenses, le quotidien s’organise autour des courses (qui rassemblent alors de magnifiques plateaux de 140 pilotes), des journées club et du suivi des pilotes en compétition. Une double vie rythmée par les obligations professionnelles et le karting, parfois au grand dam d’une épouse patiente face à de nombreuses absences !

Le regard de l’expert : l’évolution du Karting
Loin de l’attitude de l’« ancien combattant » nostalgique du c’était mieux avant, son constat sur l’évolution de la discipline reste lucide et pragmatique.
Au fil des années, le karting a évolué. Autrefois marqué par un esprit familial, une forte solidarité et des moments de convivialité, il tend aujourd’hui vers une pratique plus individualiste et compétitive.
L’investissement matériel est devenu plus important, et les résultats doivent souvent justifier les moyens engagés. Malgré ces changements, la passion reste intacte.

L’appel du bénévolat : l’art de ne jamais vraiment décrocher
Après une pause salvatrice en 1998, le virus s’avère trop fort. Sollicité par le KCSO (Karting Club du Sud-Ouest), l’appel de la piste résonne à nouveau, débouchant sur une nouvelle présidence de club.
En 2000, l’heure de la retraite professionnelle sonne. Malgré d’autres propositions, le choix du cœur l’emporte : se consacrer pleinement au Karting. Élu Trésorier de la Ligue, les casquettes se multiplient au fil des ans pour faire vivre la discipline :
• Direction de course et Commissaire sportif.
• Visites d’agrément des circuits et réunions de sécurité préfectorales.
• Promotion de la discipline : Journées découverte, Volant karting, et présence au stand de Conforexpo. Une retraite bien employée ? Assurément. Mais une réussite qui s’est construite grâce au travail de fond de couples emblématiques investis jusqu’aux années 2000 (les Boués, Défieux, Feuillerat) et une collaboration étroite avec le Président de l’époque, Francis Rigeade.
En conclusion : L’homme de l’ombre nous livre son secret.
Vivre une telle passion exige parfois une part d’égoïsme quand elle n’est pas partagée, mais elle demande surtout de savoir composer. Ces années de bénévolat ont été le prolongement direct d’une carrière professionnelle réussie : organisation, gestion, et rigueur ont été les maîtres-mots. Il aura même fallu se former à la comptabilité pour assumer le rôle crucial de Trésorier.
« Le poste de Trésorier, c’est l’homme de l’ombre. Celui qui assure avec loyauté une tâche parfois ingrate, en se positionnant comme le gardien rigoureux des finances de l’association. »

Aujourd’hui, place à la relève. Pour pérenniser le sport en Aquitaine, de nouveaux passionnés doivent reprendre le flambeau, apporter un nouvel élan et poursuivre les actions engagées avec la même rigueur et la même dévotion.
Bientôt un autre portrait…
F.Blanc
